Séance

Jadis, j' avais, pour habitude. D'soigner mon vice, en toute quiétude.
J'allais pour ça, voir un magnat, du ciboulot, un psy ! Ben, quoi ?
Elle était vieille et pas sympa. M' coutait ma paye, sans tralala.
Toutes les semaines, disons, deux fois. Il fallait faire, mea culpa.

Seulement voilà, pour mon malheur. Je n'étais pas, un grand conteur.
Le temps passait, dans le cabinet. Comme dans un sablier bouché.
Moi, sur le divan, tentant de dire, les importants, de mon avenir.
Elle, bien au fond, visant en traître. Ma tête de blond, et tout mon être.

Ne sachant pas de quoi parler, j'avais tenté de préparer.
Trouver un phrase, bien à l'avance.
Lui en parler, avec emphase, et d'un seul coup, mener la danse.

Mais la maligne m'avait grillée. Me faisant signe, de ne pas tricher !
Pas préparer, elle est bien bonne. Et pour la peine, je compte les pommes.
Qui se baladent, sur le tapis, tout suspendu, au-dessus du lit.
Lit de douleur, banquette de psy, labeur lundi et vendredi.

Vint cette séance, où tous les deux, dans une transe, fermions les yeux.
Elle se réveille d'un coup d'un seul ! Un coup de pelle, là, en pleine gueule !
Elle me dit, Bigre ! Tu vas parler ? Tu ne rêves pas ? N'as pas de pensées ?

J'avais envie de lui répondre que dans mes rêves, elle était blonde.
Ultra gaulée, comme une déesse, avec une sacrée, paire de fesses.
Et puis surtout, que chez Morphée, il n'y avait pas besoin de payer.
Pas de cerveau à triturer, juste des fessiers à caresser.

Évidemment, ça je l'ai gardé, pour mon gosier, faut pas pousser.

En remplacement, pour la tester, j'ai balancé un quolibet.
Oui, justement, j'avais un rêve, qui brusquement rompit la trêve.
J'avais rêvé d'un chat botté, qui patinait, sur mon parquet.
Il était bon aux quatre roues, s'appelait Gaston, faisait des mous.

C'était un chat, Suisse, avocat. Son seul vice ? Le chocolat.
Il en avait dans son panier, mais ne voulait pas m'en donner.
Son accent était ridicule et il n'était vêtu qu' d'un pull.
Pull aux couleurs de son pays, du blanc du rouge, le tout vernis.

Et c'est après une cascade, exécutée, bigre, sans parades.
Qu'il me dit Toi ! Regardes-moi ! Je suis ton fils, merde, souviens-toi !
Comment pouvais-je, être le patron, d'un chat qui se nommait Gaston ?
Je sentais la vieille s'exciter, de mon récit, total barré.

Moi, de sursauts n'en pouvant plus, de me marrer comme un barbu.
J'lui dit alors ? Mon cher Docteur, ça vaut de l'or, non ? Cette gageure
Elle me dit, diantre ! Enfin on entre, dans le sujet, ton cervelet !
Moi, hennissant, comme une baleine, tout en mimant, j'ai besoin d'aide.

Elle dit alors, la phrase, qui fit, changer mon bord et mon avis.
Ce bon chaton, brave Gaston, lui, qui prétend, être votre enfant.
A t-il donné, au moins, une preuve, un petit papier, signant votre œuvre ?
Une photo en stéréo, de vous et lui, et du berceau ?

J'ai bien failli perdre mes dents, tellement j'ai ri de cet avenant.
A son contrat, sur ma conscience. C'était un cas de pure démence.
Mais par pour moi, plutôt pour elle.
Qui avait pris l'histoire du chat, pour une pensée totale réelle.

Il a fallu que je m'résigne, dans le talus, laisser Jacqueline.
Si elle croyait que cette histoire, qui frétillait dans ma mémoire.
Était un signe, de quoi que ce soit. Elle était digne du tas de bois.
Ou cabanon, où vivent les dingues. Dont les boulons, tous, se déglinguent.

J'ai donc ripé ma fine carcasse, du canapé, et de sa face.
Et suis parti, tranquille, serein. Vivre ma vie, loin de son teint.

Moralité, faut pas charrier, même si le psy est un génie.
Il faut savoir, que l'important, est plus de croire, en soi, et vlan !
Et pas dans les délires pour rire, d'un psy-tirelire, qui se dit lire.
Dans vos pensées les plus débiles, des vers censés, vous rendre moins vil.

Si je vous disais, que bien après, dans d'un bosquet, posé au frais.
J'ai rencontré, le sieur Gaston, qui grignotait un Tobleron.
Me croiriez-vous ? Il fit la moue, et il dansait Toutouyoutou !
Et dans ma tour de farfadets, peuplée de dingues et de simplets.
On s'éclate bien, jusqu'au matin, avec Gaston et ses patins !
Cet appendice, timbré un brin, n'avait pour but, que le mot,
Fin.